Comment libérer l'esprit des pensées qui l'agitent - Bouddha

Le Bouddhisme Theravāda est la branche la plus ancienne du bouddhisme.
Compagnon

Comment libérer l'esprit des pensées qui l'agitent - Bouddha

Message non lu par Compagnon » dim. 26 mars 2017 14:26

Vitakkasanthana Sutta (MN 20)

Comment libérer l’esprit des pensées qui l’agitent

Traduit par Jeanne Schut

http://www.dhammadelaforet.org/

Ainsi ai-je entendu. Un jour, alors que le Bouddha résidait à Savatthi, dans le parc Jeta offert par Anathapindika, il s’adressa à ses moines en disant :

« Le moine / le méditant qui s’est engagé à atteindre le plus haut degré de conscience devrait, chaque fois que nécessaire, contempler cinq points. Quels sont ces points ?

« Lorsque des pensées négatives, inappropriées, imprégnées de désir, d’aversion ou d’ignorance, lui viennent à l’esprit alors qu’il réfléchit à un sujet particulier, il doit s’en débarrasser au plus tôt en pensant délibérément à quelque chose d’autre, quelque chose de bénéfique. Quand il pense à ce sujet bénéfique, les pensées négatives, inappropriées, imprégnées de désir, d’aversion ou d’ignorance, sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« De même qu’un habile charpentier ou son apprenti est capable, en tapant fort, de retirer une grosse cheville au moyen d’une autre plus petite, si des pensées imprégnées de désir, d’aversion ou d’ignorance viennent au méditant pendant qu’il réfléchit à un sujet particulier, il doit les éliminer en pensant délibérément à quelque chose d’autre, quelque chose de bénéfique. Dès lors, les pensées négatives, inappropriées, imprégnées de désir, d’aversion ou d’ignorance, sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« Si des pensées négatives, inappropriées, continuent à venir l’esprit du méditant alors même qu’il réfléchit à quelque chose d’autre, quelque chose de bénéfique pour s’en débarrasser, il doit contempler tous les dangers que comportent ces pensées : ‘Vraiment, ces pensées que j’ai sont inappropriées, répréhensibles et porteuses de souffrance’. Dès lors, les pensées négatives, inappropriées, imprégnées de désir, d’aversion ou d’ignorance sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« De même qu’une jeune personne bien habillée serait horrifiée, humiliée et dégoûtée de voir autour de son cou la carcasse d’un serpent, d’un chien ou d’un humain, le méditant qui continue à avoir des pensées inappropriées malgré ses réflexions sur des thèmes bénéfiques, doit réfléchir aux dangers des pensées inappropriées de cette manière : ‘Vraiment, ces pensées que j’ai sont inappropriées, répréhensibles, et porteuses de souffrance’. Dès lors, les pensées négatives, inappropriées sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« Si des pensées négatives, inappropriées, continuent à venir à l’esprit d’un méditant qui a réfléchi aux dangers dont elles sont porteuses, il doit cesser d’y accorder la moindre attention, la moindre réflexion.
Dès lors, les pensées négatives, inappropriées sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« De même qu’un homme à la vue perçante fermerait les yeux ou tournerait la tête pour éviter de voir quelque chose qui arriverait vers lui, le méditant qui continue à être envahi par des pensées négatives, inappropriées malgré ses réflexions sur le fait qu’elles sont porteuses de souffrance doit cesser d’y accorder la moindre attention, la moindre réflexion. Dès lors, les pensées négatives, inappropriées sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« Si des pensées négatives, inappropriées continuent à venir à l’esprit d’un méditant bien qu’il ait cessé de leur accorder la moindre attention, la moindre réflexion, il doit faire en sorte d’éliminer la racine même de ces pensées. Dès lors, les pensées négatives, inappropriées sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« De même qu’une personne qui prend conscience qu’elle marche vite se dit : ‘Pourquoi marcher vite ?’ et elle marche plus doucement ; prenant conscience qu’elle marche doucement se dit : ‘Pourquoi ne pas juste rester debout ?’ et elle reste debout ; prenant conscience qu’elle est debout se dit : ‘Pourquoi ne pas m’asseoir ?’ et elle s’assoit ; prenant conscience qu’elle est assise se dit : ‘Pourquoi ne pas m’allonger ?’ et abandonne ainsi une posture peu calme pour une autre plus calme, le méditant qui a encore des pensées négatives inappropriées alors qu’il a cessé de leur accorder la moindre attention, la moindre réflexion, doit faire en sorte d’éliminer la racine même de ces pensées. Dès lors, les pensées négatives, inappropriées sont abandonnées et disparaissent. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« Si des pensées négatives, inappropriées, continuent à venir à l’esprit d’un méditant alors qu’il tente d’éliminer la racine même de ces pensées, il doit, en serrant les dents et en pressant la langue contre le palais, maîtriser, contraindre et écraser ces pensées de toute la force de sa pleine conscience. Dès lors, les pensées négatives inappropriées imprégnées de convoitise, d’aversion ou d’ignorance sont éliminées. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« De même qu’un homme fort, saisissant un homme plus faible par la tête, par le cou ou par les épaules, le maîtriserait, le contraindrait et l’écraserait, le méditant qui a des pensées négatives inappropriées alors même qu’il tente d’éliminer la racine de ces pensées, doit maîtriser, contraindre et écraser ces pensées de toute la force de sa pleine conscience. Dès lors, les pensées négatives inappropriées imprégnées de convoitise, d’aversion ou d’ignorance sont éliminées. Grâce à cela, l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre en retournant vers son objet de méditation.

« Moines, lorsque sont éliminées des pensées négatives, inappropriées, venues à l’esprit d’un méditant alors qu’il réfléchissait à un sujet particulier, lorsqu’elles disparaissent et que l’esprit retrouve sa stabilité, se pose, s’unifie et se concentre à nouveau sur son objet de méditation, que ce soit grâce à la réflexion sur un thème bénéfique ou sur les dangers des pensées inappropriées, que ce soit en cessant d’y porter la moindre attention ou parce qu’il a maîtrisé, contraint et écrasé son esprit avec toute la force de sa pleine conscience, dents serrées et langue pressée contre le palais, ce méditant est appelé « maître des méandres de la pensée ». Il a uniquement les pensées qu’il souhaite avoir et n’a jamais de pensées qu’il ne veut pas avoir. Il a coupé la racine de la convoitise, il s’est libéré des entraves et, grâce à la parfaite pénétration de l’illusion du « moi » – il a mis fin à la souffrance. »

Ainsi parla le Bouddha et les moines se réjouirent de ses paroles.


jap_8
Avatar de l’utilisateur
ted
Bavard occasionnel / Team RB
Bavard occasionnel / Team RB
Messages : 13289
Inscription : mar. 8 juin 2004 16:48
Contact :

Re: Comment libérer l'esprit des pensées qui l'agitent - Bou

Message non lu par ted » ven. 31 mars 2017 08:12

Si des pensées négatives, inappropriées, continuent à venir à l’esprit d’un méditant alors qu’il tente d’éliminer la racine même de ces pensées, il doit, en serrant les dents et en pressant la langue contre le palais, maîtriser, contraindre et écraser ces pensées de toute la force de sa pleine conscience
C'est l'un des rares trucs qui me désespère dans les pratiques theravadines : cet appel à la volonté pour écraser, chasser de toutes ses forces, les pensées considérées comme inappropriées. Je comprends le message comme suit : "Le non profitable ne passera pas par moi !"

C'est une sagesse glacée et tout à fait exacte, mais qui demande une volonté de fer je trouve. :oops:

Mais bon, faut bien comprendre qu'on serre les dents "en attendant" d'avoir déraciné les causes.
Parce que, si on ne s'attaque pas aux racines, c'est un vrai supplice de lutter comme ça je trouve... :oops:

Parce que les pensées négatives nous sont souvent "agréables". :???:
Le Véritable Silence Ne Craint Pas Le Bruit

" O Mahânâma... Entre la délivrance d'un disciple laïc et celle d'un bhikkhu, il n'y a aucune différence. " (Samyutta-nikâya)


Twitter: https://www.twitter.com/portail_dhamma
Circé
Oiseau
Oiseau
Messages : 558
Inscription : lun. 21 nov. 2016 18:54

Re: Comment libérer l'esprit des pensées qui l'agitent - Bou

Message non lu par Circé » ven. 31 mars 2017 08:17

C'est surtout impossible. On ne peut pas s'empécher de penser à une chose précise, à éradiquer une pensée; plus tu essayes , plus tu y penses.
Quand on était gamins, mon père nous disait que le tapis du salon était un tapis volant: il suffisait de s'asseoir dessus et de ne pas penser à une vache et le tapis s'envolerait. vas-y Compagnon, essaie et viens me voir en tapis volant.Ted tu peux venir aussi.

Rien ne se fait par la force ou la contrainte. Les pensées passent toutes seules, on en prend conscience " tiens, une pensée- négative, positives ou neutres"et elles passent comme les nuages.En Anglais on dit " easy does it".
Répondre

Revenir à « Bouddhisme Theravāda »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité