Paraboles Zen

Importante école bouddhiste, originaire de Chine et introduite au Japon au xiiie s.
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jules
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par jules » sam. 26 nov. 2016 12:43

L'existence est toujours propre à la saisie conventionnelle à mon sens, car l'existence est toujours l'existence de quelque chose d'identifié. Il y'aurait donc antinomie me semble-t'il dans le fait d'essayer de découvrir si une chose pourrait exister dans l'absolu, c'est à dire sans l'apport du conventionnel. Donc, au sujet du bruit de l'arbre quand personne ne l'entend, il y'aurait bien à mon sens un événement quelque part qui se passerait au delà du fait que nous n'en soyons pas les témoins et qui si nous en étions les témoins serait appréhendé tel le "bruit de l'arbre qui tombe". Ceci sachant qu'il est aussi conventionnel de parler d'événement, mais que pour illustrer mon propos je ne peux en faire l'économie, mon propos consistant à dire en d'autres termes que l'être du monde peut se passer de moi, même si son existence relative à ma manière de l'appréhender disparaîtra avec moi et donc ne se manifestera plus, signifiant qu'il y aura avec moi, disparition de l'existence d'un monde.
Ce qui nous permet de dire que l'être du monde peut se passer de nous, c'est à mon sens le témoignage de nos semblables sur leur propres expériences auxquelles nous ne participons pas, mais aussi leur mort.
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par davi » sam. 26 nov. 2016 15:27

C'est bien amené.

Cependant qu'appelles-tu "l'être du monde" ?
S'indigner, s'irriter, perdre patience, se mettre en colère, oui, dans certains cas ce serait mérité. Mais ce qui serait encore plus mérité, ce serait d'entrer en compassion.
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par jules » sam. 26 nov. 2016 16:08

Le fait qu'il soit, en dehors de toute subjectivité, raison pour laquelle il peut se passer de moi, de ma subjectivité ce qui induit qu'il peut être, sans pour autant exister puisque l'existence appartient à la subjectivité alors que l'être est le caractère de l'absolu.
Mais il faut comprendre que ce que j'affirme relativement à l'être du monde, je le déduis à partir de ce que je disais précédemment, à savoir que les autres sont les garants de cet être à travers ce qu'ils nous renvoient en tant que semblables et qui nous indiquerait qu'il y'a bien être, et que cet être est cela sur lequel chacun peut appliquer sa subjectivité.
Dernière modification par jules le sam. 26 nov. 2016 16:26, modifié 1 fois.
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par davi » sam. 26 nov. 2016 16:24

A quel niveau intervient l'interdépendance-vacuité si tu fais intervenir un être absolu ?
S'indigner, s'irriter, perdre patience, se mettre en colère, oui, dans certains cas ce serait mérité. Mais ce qui serait encore plus mérité, ce serait d'entrer en compassion.
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par jules » sam. 26 nov. 2016 16:36

Attention, évitons toute méprise, je ne dis pas qu'il y'a un être absolu, mais je dis que l'absolu a le caractère de l'être.
L'interdépendance n'est pas du ressort de l'absolu à mon avis, mais du conventionnel. En effet, dans le conventionnel, l'ensemble des phénomènes, chaque phénomène devant être identifié pour apparaître comme tel, son bien interdépendants.
Mais dans l'absolu qui est absence d'identification d'un quelconque phénomène, on ne peut plus parler d'interdépendance, inter-dépendance signifiant un rapport respectif entre les phénomènes et en l'occurrence un rapport de dépendance mutuelle.
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par Compagnon » jeu. 6 avr. 2017 20:11

La femme qui obtint la Loi

Une femme très croyante demanda à un vieux moine de lui expliquer la Loi. Celui-ci en était incapable et il se sauva pendant que la femme de concentrait en fermant les yeux pour mieux l’entendre.
Ainsi, quoique n’entendant rien, en restant attentive et par la force de sa concentration, elle obtint de réaliser la Loi.

Guérir le bossu

Un homme qui était bossu avait prié un médecin de le guérir. Le médecin le frotta avec du beurre ; il le mit entre des planches, puis il pressa de toutes ses forces. Il ne s’aperçut pas qu’au même moment les yeux du bossu lui sortaient de la tête.
Il en est ainsi de ceux qui veulent guérir les autres sans tenir comptes de l’ensemble et sans sagesse.

Tirés de Paraboles et Contes du Bouddha, éditions Sully.
Compagnon

Re: Paraboles Zen

Message non lu par Compagnon » mer. 10 mai 2017 14:33

Une vie inutile

Un fermier était devenu si vieux qu'ils ne pouvait plus participer à la récolte des champs. Alors il restait à longueur de journée assis sous le porche. Son fils, qui travaillait toujours aux champs, levait la tête de temps à autres et voyait toujours son père assis au même endroit.

« Il n'est plus d'aucune utilité », pensait le fils en son for intérieur, « Il ne peut plus rien faire ! ».

Un jour, le fils au comble de la frustration, fabriqua un cercueil en bois, le traîna jusqu'au porche, et demanda à son père de se mettre dedans.

Sans dire un mot, le père monta dedans. Après avoir refermé le couvercle, le fils tira le cercueil en bordure de la ferme, là ou il y avait une haute falaise.

Alors qu'il s’apprêtait à le laisser tomber, il entendit un léger « toc-toc » venant de l'intérieur du cercueil. Il l'ouvrit. Toujours étendu paisiblement à l'intérieur, le père regardait son fils.

« Je sais que tu t'apprêtes à me jeter par dessus le bord de la falaise, mais avant que tu le fasses, puis je te faire une suggestion ? ».

« Laquelle? » répondit le fils.

« Jette moi du haut de la falaise si tu veux », dit le père. « Mais conserve ce cercueil de bois de bonne qualité. Tes enfants pourraient en avoir besoin. »



Travailler très dur.

Un étudiant en arts martiaux se rendant auprès de son maître, dit très sérieusement :

« Je suis on ne peut plus dévoué dans l'étude de votre technique de combat. Combien de temps me faudra t-il pour la maîtriser ? »

Le maître répondit avec désinvolture « 10 ans ».

Impatient, l'étudiant répondit :

« Mais je veux la maîtriser plus vite que cela. Je travaillerais très dur. Je pratiquerais tous les jours, 10 heures par jours et plus si nécessaire. Combien de temps cela prendra t-il alors ? »

Le maître réfléchit un moment, « 20 ans ».



On ne peut pas voler la Lune

Ryokan, un maître Zen, vivait une vie simple, dans une petit cabane au pied d'une montagne. Une nuit, un voleur visita la hutte pour découvrir qu'il n'y avait rien à voler.

Ryokan se retourna et le surpris.

« Vous avez du parcourir un long chemin pour me rendre visite » dit-il au rôdeur, « et vous ne devez pas repartir les mains vides. S'il vous plaît, prenez mes vêtements en cadeau ».

Le voleur, était stupéfait. Il prit les vêtements et s'échappa.

Ryokan s'assit, nu, regardant la Lune. « Pauvre homme » pensa t-il « J'aurais aimer pouvoir lui donner cette magnifique Lune. »
Compagnon

Re: Paraboles Zen

Message non lu par Compagnon » jeu. 18 mai 2017 17:37

L'autre coté

Un jour, un jeune bouddhiste sur le chemin du retour à la maison atteint les rives d'une large rivière. Regardant désespérément l'ampleur de l'obstacle devant lui, il se mit à méditer des heures durant sur la manière dont il pouvait franchir un obstacle si grand.

Alors qu'il s’apprêtait à abandonner cette occupation pour reprendre son voyage il vit un grand maître de l'autre coté de la rive. Le jeune bouddhiste héla le maître :

«Oh sage, pouvez-vous m'indiquer comment passer de l'autre coté de cette rivière ? »

Le maître réfléchis un moment, regarda en amont et en aval de la rivière et lui répondit :

« Mon fils, tu es de l'autre coté ! ».


Le moment de mourir

Ikkyu, le maître Zen, était déjà très intelligent quand il était enfant. Son maître avait une tasse à thé de grande valeur, une pièce d'antiquité rare. Ikkyu en vint à casser cette tasse et était très embarrassé. Entendant les pas de son maître, il dissimula les morceaux de la tasse derrière lui. Quand le maître apparu, Ikkyu demanda :

« Pourquoi faut-il que les gens meurent ? »

« C'est dans l'ordre naturel des choses », expliqua le veille homme. « Tout ce qui vit doit mourir un jour ».

Ikkyu présenta la tasse brisée, ajoutant :

« C'était le moment pour votre tasse de mourir ».


Esprit mobile

2 hommes se disputaient à propos d'un drapeau claquant dans le vent.

« Seul le vent bouge réellement » déclarait le premier.

« Non, c'est le drapeau qui bouge » prétendait le second.

Hors il se trouvait qu'un maître Zen passant par là entendit leur dispute et les interrompit :

« Ce n'est ni le drapeau ni le vent qui bougent » dit-il « C'est l'esprit qui bouge ».
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par Compagnon » ven. 19 mai 2017 10:33

Ça va passer

Un étudiant se rend auprès de son maître de méditation et dit

« Ma méditation est affreuse ! Je me sens si distrait, ou mes jambes sont douloureuses, ou j'ai constamment envie de dormir. C'est vraiment affreux ! »

« Ça va passer », répondit prosaïquement l'enseignant.

Une semaine plus tard, l'étudiant revint voir son enseignant :

« Ma méditation est merveilleuse ! Je me sens si conscient, en paix, vivant ! C'est tout simplement merveilleux ! »

« Ça va passer » répondit prosaïquement l'enseignant.


Suspendu

Un jour, marchant parmi la nature sauvage, un homme tomba nez à nez avec un tigre méchant. Il se mît à courir mais atteignit rapidement le sommet d'une falaise. Désespérant de pouvoir se sauver, il entreprit d'escalader une plante grimpante suspendue au dessus du précipice mortel.

Alors qu'il était ainsi suspendu, deux souris sortirent d'un trou dans la falaise et commencèrent à grignoter la plante.

Soudain, l'homme remarqua sur la plante une grappe de fraises sauvages. Il l'arracha et la porta à sa bouche. Elle était incroyablement délicieuse !

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Re: Paraboles Zen

Message non lu par ted » ven. 19 mai 2017 10:56

Compagnon a écrit :
ven. 19 mai 2017 10:33
Suspendu

Un jour, marchant parmi la nature sauvage, un homme tomba nez à nez avec un tigre méchant. Il se mît à courir mais atteignit rapidement le sommet d'une falaise. Désespérant de pouvoir se sauver, il entreprit d'escalader une plante grimpante suspendue au dessus du précipice mortel.

Alors qu'il était ainsi suspendu, deux souris sortirent d'un trou dans la falaise et commencèrent à grignoter la plante.

Soudain, l'homme remarqua sur la plante une grappe de fraises sauvages. Il l'arracha et la porta à sa bouche. Elle était incroyablement délicieuse !

flower_mid
Est-ce que quelqu'un peut expliquer ce que représente symboliquement les éléments de l'histoire ?

Que représente le tigre ?
Que représente le précipice ?
Que représente la plante ?
Que représentent les deux souris ?
Et que représentent les fraises ?

Un pin's "Vive le zen !" sera envoyé au gagnant ! :) ::mr yellow::
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par Compagnon » ven. 19 mai 2017 11:06

J'ai le vague souvenir d'avoir lu un jour une histoire très semblable avec en effet une explication symbolique de chaque élément mais je ne me souviens plus ou. Il me semble bien en effet qu'il y en a une "officielle" d'explication.

Ca y est j'ai trouvé :

Apparemment c'est une parabole tirée d'un sutra du Bouddha.
Le thème est la condition humaine.
La vie humaine est fragile.
Le tigre c'est la mort , qui nous guette aussi bien en haut de la falaise qu'en bas (apparemment il y a aussi un second tigre en bas du précipice).
Chaque souris représente le temps, l'une les jours l'autre les nuits. Le temps qui s'écoule. Qui ronge le mince fil de notre vie.
Mais l'humain est aveugle a sa condition si fragile et préfère s'oublier en consommant des plaisirs sensuels immédiats.

Source : Coeur zen, esprit zen: Les enseignements du maître zen Ama Samy.

Y a même un koan du Maître Kyogen qui reprend cette parabole. On peut le mettre dans le file "koan" si on veut, il y a une petit interprétation avec.

Par ici le pin's !
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par ted » ven. 19 mai 2017 11:17

Pas si vite ! :mrgreen:
Et la plante ?
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par Compagnon » ven. 19 mai 2017 11:18

La plante ou liane c'est le fil de notre vie, je l'ai dis. Celui que grignote les souris.
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par ted » ven. 19 mai 2017 11:23

Compagnon a écrit :
ven. 19 mai 2017 11:18
La plante ou liane c'est le fil de notre vie, je l'ai dis. Celui que grignote les souris.
Mais non... Ça peut pas être ça...
C'est au moment où, désespéré, l'homme tente d'échapper au tigre, qu'il se décide à escalader la plante...
Désespérant de pouvoir se sauver, il entreprit d'escalader une plante grimpante suspendue au dessus du précipice mortel.
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Re: Paraboles Zen

Message non lu par jules » ven. 19 mai 2017 11:33

La plante, c'est peut-être l'espoir. Quand elle se fait grignoter par les souris, l'espoir meurt, c'est alors que le gars comprend qu'il n'a plus qu'à cueillir le fruit, c'est à dire à vivre dans l'instant présent. :)
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