Un instant volé à l’éternité

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ShraWaKa
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Un instant volé à l’éternité

Message non lu par ShraWaKa » sam. 6 janv. 2018 21:51

A l'image du Vénérable Nyanadharo qui à 3'15'' dans l’émission Sagesse Bouddhiste nous gratifie d'un moment hors du temps.



Les mains de Dipa Ma sont également une grande source d'inspiration et de sérénité.


La présence pure ou chaque instant, chaque contact est pleinement vécu.

Comme le rappelle Amy Schmidt dans l'ouvrage Dipa Ma, présence et rayonnement d'une femme bouddhiste :
L’enseignement d’un grand maître peut prendre beaucoup de formes. L’une des manières les plus puissantes et les plus mystérieuses de transmettre l’enseignement est lorsqu’il émane de la pure présence. Comme l’attestent tous ceux qui ont connu Dipa Ma, c’était sa façon de se comporter dans les situations ordinaires de la vie – simple, claire et pleine de compassion – qui apportait le plus puissant encouragement à avancer sur la voie du Dharma.
source dhammadelaforet
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Re: Un instant volé à l’éternité

Message non lu par Zopa2 » dim. 7 janv. 2018 22:21

" Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une INDICIBLE et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
LE LANGAGE DES FLEURS ET DES CHOSES MUETTES ! "

ELEVATION, Baudelaire, poète dit "maudit".
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Re: Un instant volé à l’éternité

Message non lu par ShraWaKa » lun. 8 janv. 2018 12:05

Merci de m'avoir fait découvrir ce poème jap_8
L'histoire des poètes maudits est un enseignement en soi.
L’expérience de la luxure, de la souffrance et du désenchantement...
Heureux celui qui comme Milarepa, a rencontré le dhamma et s'est élevé au-delà des turpitudes.
Les Cent mille chants de Milarepa -(extrait) :

Enfant perdu, j'ai divagué comme la conscience
Dans les villes illusoires des six mondes.
J'ai goûté aux visions fausses du karma.
Parfois j'ai éprouvé l'apparence trompeuse de la faim.
J'ai mangé des restes d'aumônes,
L'ascétisme m'a fait mordre les pierres.
D'autres fois je me suis nourri de shûnyatâ,
De temps en temps j'inventais la patience.

Parfois j'ai perçu l'appel illusoire de la soif.
Je me suis désaltéré à l'eau fraîche des roches,
J'ai compté aussi sur ma propre urine.
D'autres fois je me suis abreuvé au flot de la compassion,
De temps en temps je buvais le nectar des Dakinis.

Parfois j'ai subi l'emprise du froid.
L'habit que je portais étant de seul coton,
J'enflammais la bienfaisante chaleur mystique.
D'autres fois je créais l'endurance, ressource à la douleur.
Quelquefois se levait, chimérique, la vision des amis
Et je me reposais sur l'amitié de la sagesse ultime.

J'ai pratiqué les dix vertus,
Fait l'expérience d'une vue parfaitement pure,
Fouillé jusqu'aux racines l'esprit originel,
Je suis le lion des yogis.
Je développe la crinière turquoise de la contemplation
Et possède les crocs et les griffes de la méditation.
J'ai enquêté au sommet des montagnes enneigées,
Pour récolter, j'espère, le fruit du mérite.

Je suis le tigre des yogis.
Je perfectionne les trois agilités de la bodhicitta
Et possède le sourire où s'unissent méthode et sagesse.
J'ai résidé dans les forêts profondes de l'illumination,
Pour l'apparition, j'espère, de bons fruits pour autrui.

Je suis le vautour des yogis.
Je déploie les vastes ailes qui développent les étapes de création
Et possède les souples rémiges qui stabilisent les degrés d'accomplissement.
Je plane dans le ciel de la vraie réalité de l'union
Et je dors dans la grotte de la vérité suprême,
Avec l'espoir que s'accomplisse le but fructueux de chacun.

Je suis Milarépa, le meilleur des yogis.
Je suis celui qui pourchasse le visage des apparences,
Celui qui accueille tous les souhaits.
Je suis un yogi sans opinions,
Celui qui ne s'empresse jamais, quoi qu'il advienne.
Je suis le renonçant sans vivres,
Le mendiant sans possessions,
Le vagabond nu.
Je suis celui qui a vaincu toutes les pratiques,
Je demeure ici mais n'y réside pas,
Je suis un Fou, heureux de la mort,
Je ne possède rien, je n'ai besoin de rien.

Si vous deviez acquérir les choses nécessaires,
Vous en éprouveriez difficultés, troubles, douleurs,
Vous vous engageriez, bienfaiteur, dans l'adversité.
Quoi qu'il arrive, ne flattez pas le yogi !
En vertu d'une intime conviction,
Attachez-vous seulement à lui donner l'aumône.
Puissiez-vous vivre longtemps, valide en cette vie,
Avec abondance, joie et bénédictions !
Puissiez-vous être admis, plus tard, dans le pur territoire,
Et pratiquer la Doctrine pour le bien d'autrui !
Milarepa (1040-1123), saint bouddhiste, yogi et poète tibétain
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Re: Un instant volé à l’éternité

Message non lu par Zopa2 » lun. 8 janv. 2018 14:02

La citation du poème de Baudelaire était surtout une sorte de clin d'oeil, car le geste du vénérable m'a fait penser au langage des fleurs et des choses muettes.

Le qualificatif de poète maudit renvoie aussi au fait que ces poètes étaient souvent incompris et rejetés.

Maintenant, on peut s'extraire de la personnalité de Baudelaire pour n'en conserver que le poème et s'imaginer par exemple que celui qui le chante est un esprit pur, tel que celui du sage revêtu de coton. Alors, sans pourtant en changer un seul mot, un sens plus profond se révèle...
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