Nying Ting par Jigme Lingpa

Jean
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Nying Ting par Jigme Lingpa

Message non lu par Jean » dim. 11 sept. 2011 07:03

Nying Tig
Ou
L’essence la plus intérieure

Par Jigme Lingpa

Ceci est le rugissement du lion qui dompte les confusions rampantes et les incompréhensions des méditants qui ont abandonné les attachements matériels pour méditer dans leur essence la plus intérieure.

Le Maha Ati, qui est au delà des conceptions et transcende et l’attachement et le lâcher prise, est l’essence de la vue transcendantale. Ceci est l’état inchangeant de la non-méditation dans laquelle il y lucidité mais pas d’attachement. Comprenant ceci, je rends un hommage incessant au Maha Ati avec une grande simplicité.

Ceci est l’essence du tantra du Maha Ati
Le cœur le plus profond des enseignements de Padmakara

La force de l’énergie de vie des Dakinis.
Ceci est l’enseignement ultime des neufs véhicules.

Il peut être transmis seulement par un gourou de la lignée de l’esprit
Et non seulement par des mots.
Néanmoins j’ai écrit ceci
Pour le bénéfice des grands méditants
Qui se dédient au plus haut enseignement.
Cet enseignement fut pris au trésor du Dharmadhatu
Et ne fut pas créé par l’attachement
Au théories et abstractions philosophiques.


En premier les disciple doit trouver un Gourou accompli, avec lequel il a un bon lien karmique. Le maître doit posséder la transmission de la lignée de l’esprit. L’élève doit avoir une dévotion et une foi exclusives, ce qui rend possible la transmission de la compréhension de l’instructeur.

Le maha Ati es de la plus grande simplicité. Il est ce qui est.
Il ne peut pas être montré par analogie ; rien ne peut l’obstruer . Il est sans limitation et transcende les extrêmes. Il est la claire instantanéité, qui ne peut jamais changer de forme et de couleur. Quand vous devenez un avec cet état, le désir de méditation de lui même se dissous ; vous êtes libéré de la chaîne de méditation et de philosophie et la conviction est née à l’intérieure de vous. Le penseur a déserté. Il n’y a plus désormais de bénéfice à obtenir des « bonnes » pensées ou de souffrance à endurer des « mauvaises » pensées. Les pensées neutres ne peuvent plus décevoir. Vous devenez un avec la lucidité primordiale et l’espace illimité. Alors vous trouverez des signes de progrès sur le chemin. Il n’est plus question de confusion ou d’incompréhension.

Bien que cet enseignement soit le roi des yanas, les méditants sont divisés entre ceux qui leur sont hautement réceptifs, ceux qui sont moins réceptifs et ceux qui leur sont très peu réceptifs.

Les disciples très réceptifs sont difficiles à trouver et il arrive parfois que l’instructeur et l’élève soient incapables de trouver un véritable point de rencontre. Dans un tel cas, rien n’est gagné et des erreurs de conceptualisation peuvent se produire concernant la nature du Maha Ati.

Ceux qui sont moins réceptifs commencent en étudiant la théorie et graduellement développent la sensation et la véritable compréhension. De nos jours beaucoup de gens considèrent la théorie comme étant la méditation ; Leur méditation peut être claire et dépourvue de pensées. Elle peut être relaxante et plaisante, mais ceci est simplement l’expérimentation temporaire de la béatitude. Ils pensent que ceci est la méditation et que personne ne sait mieux qu’eux. Ils pensent « j’ai atteint cette compréhension » et ils sont fiers d’eux-mêmes. Ensuite, s’il n’y a pas d’instructeur compétent, leur expérience est seulement théorique. Donc comme il es dit dans les écritures du Maha Ati : « La théorie est comme une pièce ajoutée à un vêtement, un jour elle se découdra ». Les gens souvent essaient de discriminer entre les « bonnes » et les « mauvaises » pensées, comme essayer de séparer le lait de l’eau. C’est assez facile d’accepter les expériences négatives dans la vie mais il est beaucoup plus difficile de voir les expériences positives comme partie du chemin. Même ceux qui proclament avoir atteint la plus haute étape de réalisation sont complètement impliqués dans les intérêts et la gloire mondaine. Ils sont attirés par Devaputra (la force qui provoque l’attraction aux objets sensoriels). Ceci signifie qu’ils n’ont pas réalisé l’auto libération des six sens. De telles personnes regardent la gloire comme extraordinaire et miraculeuse. C’est comme de proclamer qu’un corbeau est blanc. Mais ceux qui se consacrent complètement à la pratique du Dharma sans être concernés par la réputation et la gloire mondaine ne devraient pas devenir trop satisfaits d’eux-mêmes pour leur plus haut développement en méditation. Ils doivent pratiquer le Gourou yoga aux quatre moments de la journée pour pouvoir recevoir les bénédictions du Gourou, immerger leur esprit avec le sien et ouvrir leur œil intérieur. Mais une fois que cette expérience est atteinte, elle ne devrait pas être négligée. Le yogi devrait dés lors se consacrer à cette pratique avec une persévérance infatigable. Subséquemment son expérience du vide deviendra plus paisible, ou bien il expérimentera une plus grande clarté ou lucidité, ou, à nouveau, il peut commencer à réaliser lest imperfections des pensées discursives et alors développer la sagesse de la discrimination. Certains individus seront capables d’utiliser et les pensées et l’absence de pensées comme méditation. Mais il devrait être maintenu dans l’esprit que ce qui note ce qui se passe est l’étroite étreinte de l’ego.

Faire attention à l’obstacle subtil d’essayer d’analyser les expériences. C’est un grand danger. Il est trop tôt pour étiqueter toute pensée comme étant le Dharmakaya. Le remède est la sagesse de l’instant présent, du non-changement et de l’infaillibilité. Une fois libéré de l’attachement de la spéculation philosophique, le méditant développe la conscience éveillée dans sa pratique. S’il analyse ses expériences de méditation et de post méditation, il sera conduit à l’égarement et commettra de nombreuses erreurs. S’il n’arrive pas à comprendre ses erreurs, il ne gagnera jamais la lucidité de l’instant présent au delà des concepts. Il aura simplement une vue du vide conceptuelle ou nihiliste qui est caractéristique des yanas inférieurs.

C’est aussi une erreur de considérer le vide comme un mirage, comme si c’était seulement une combinaison de perceptions vives et de néant. Ceci est l’expérience des tantras inférieurs. Ce qui peut être induit par la pratique du Svabhava Mantra. C’est une erreur également quand les pensées discursives sont pacifiées de maintenir la clarté et de considérer l’esprit comme étant seulement vide. L’expérience de la vue véritable est la conscience simultanée d’immobilité et de pensées actives. D’après le Maha Ati, la méditation consiste à voir toute chose qui se lève dans l’esprit et de rester simplement dans l’état du moment présent. Continuer dans cet état après la méditation est connu comme « expérience de post méditation »

C’est une erreur d’essayer de se « concentrer » sur la vacuité et après méditation, de considérer chaque chose comme un mirage. La vue primordiale est l’état qui n’est pas influencé par les processus de pensée. C’est une erreur d’être en garde contre le mental mouvant, ou d’essayer d’emprisonner l’esprit dans sa pratique ascétique de supprimer les pensées.

Certaines personnes peuvent mal comprendre le terme de « moment présent » et de le prendre pour se référer à n’importe quelle pensée qui traverse leur esprit à ce moment. « Moment présent » devrait être compris comme étant la vue instantanée et primordiale précédemment décrite.

L’état de non-méditation est née dans le cœur quand on ne discrimine plus entre méditation et non-méditation et que l’on est plus tenté de changer ou de prolonger l’état de méditation. Il y a une joie s’infiltrant dans toute chose, libre de tout doute. Ceci est différent de l’expérience agréable des plaisirs sensoriels ou du simple bonheur.

Quand nous parlons de « clarté », nous nous referons à cet état qui est libre de paresse ou de torpeur. Cette clarté inséparable de la pure énergie, brille sans être obstruée. C’est une erreur de confondre clarté avec la conscience des pensées et des couleurs et des formes du phénomène extérieur.

Quand les pensées sont absentes, le méditant est complètement immergé dans l’espace du « non-pensée ». L’absence de pensées ne signifie pas inconscience ou sommeil ou retrait des sens, mais simplement ne plus être ballotté par les conflits.

Les trois signes de la méditation : - clarté – joie – absence de pensées – peuvent arriver naturellement quand une personne médite, mais si un effort est fait pour les créer, le méditant est toujours dans le samsara.

Il y a quatre vues erronées du vide :
- C’est une erreur d’imaginer que le vide est seulement le vide, sans voir le grand espace de l’instant présent.
- C’est une erreur de chercher la nature de Bouddha (Dharmakaya) dans des sources extérieures sans réaliser que l’instant présent ne connaît ni de sentier ni de but.
- C’est une erreur d’essayer d’introduire quelque remède pour les pensées sans réaliser que les pensées sont par nature vide et que l’on peut se libérer soi-même comme un serpent se déployant de ses anneaux.
- C’est aussi une erreur d’avoir la vue nihiliste qu’il n’y a rien d’autre que vide, ni cause ni effet de karma, ni de méditant ni de méditation, échouant ainsi à expérimenter le vide qui est au delà des concepts. Ceux qui ont eu des aperçus de réalisation doivent connaître ces dangers et les étudier profondément. C’est facile de théoriser et de parler éloquemment à propos du vide, mais le méditant peut toujours être incapable de communiquer avec certaines situations.

Dans le texte du Maha Ati, il est dit :
« La réalisation temporaire est comme une brume qui disparaît sûrement ».

Des méditants qui ont étudié ces dangers ne tireront jamais aucun bénéfice du fait d’être en retraite, contrôlant avec force l’esprit, de visualiser, de réciter des mantras ou de pratiquer le hatha yoga. Comme il est dit dans le Phagpa Düdpa Sutra :
« Un bodhisattva qui ne connaît pas la véritable signification de la solitude
Même s’il médite pendant de nombreuses années dans une vallée éloignée, pleine de serpents venimeux
Ā 500 milles de la plus proche habitation
Développera une fierté accablante…. »

Si le méditant est capable d’utiliser tout ce qui arrive dans sa vie comme étant le chemin, son corps deviendra une hutte de retraite. Il n’a pas besoin d’additionner le nombre d’années durant les quelles il a médité et ne panique pas quand des pensées « choquantes » arrivent. Cette conscience reste entière comme un vieil homme regardant un enfant jouer. Comme il est dit dans le Maha Ati :
« La complète réalisation est comme l’espace inchangeant »
Le yogi du Maha Ati peut ressembler à une personne ordinaire, mais sa conscience est totalement absorbée dans le moment présent. Il n’a pas besoin de livres parce qu’il voit le phénomène apparent et la complète existence comme le mandala du Gourou. Pour lui, il n’y a plus de spéculation à propos des étapes du chemin. Ses actions sont spontanées et sont profitables à tous les êtres sensibles.
Quand il quitte son corps physique, sa conscience devient un avec le Dharmakaya, juste comme l’air dans un vase se dissous dans l’espace environnant quand le vase est cassé.




* * *
Retraité, entre 2 parties de pétanque, quand j'écris sur Nangpa, je suis assis à la terrasse du Café du Commerce, en short, en tongs et je me permets de discutailler Dharma, sans en avoir l'autorisation, ni les capacités.
passagère

Re: Nying Ting par Jigme Lingpa

Message non lu par passagère » dim. 11 sept. 2011 08:27

Merci au maitre Jigme Lingpa
Bien sur , je ne suis même pas encore une disciple aux moindres capacités, mais ces conseils , rugissement du lion , sont trés inspirants et frappent l'esprit .
merci Jean ,

FleurDeLotus
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