D’où venons ou et ou allons nous ?

Compagnon

D’où venons ou et ou allons nous ?

Message non lu par Compagnon » lun. 17 avr. 2017 13:24

Il n'y a ni peur ni mort.

Extrait du chapitre : d’où venons nous ou allons nous ?


Prenez le temps de regarder profondément en vous-même de manière à reconnaître que votre nature est la nature de la non-naissance et de la non-mort. C'est ainsi que vous accéderez à la liberté et à la non-peur. Cette méthode de pratique va nous aider à vivre sans peur et à mourir en paix et sans regrets.

Si vous avez un chagrin profond, si vous avez perdu un être cher, si vous êtes hanté par la peur de la mort, de l'oubli ou du néant, commencez à pratiquer cet enseignement. Et si vous pratiquez bien, vous serez capable de regarder le nuage, la rose, le caillou ramassé par votre enfant avec les yeux du Bouddha. Vous allez toucher la nature de non-naissance, de non-mort, de sans venir et sans partir de la réalité. Cela vous libérera de la peur, de l'anxiété et du chagrin. Vous aurez alors en vous un paix qui vous rendra fort, stable et souriant face aux événements. Et en vivant ainsi, vous pourrez aider beaucoup de gens autour de vous.

Ou étiez-vous avant de naître ?

On vous demande parfois quelle est la date de votre anniversaire. Mais vous pouvez vous poser une question plus intéressante : « Avant de naître ou étais-je ? ».

Demandez au nuage : « Quelle est la date de ton anniversaire ? Avant de naître, ou étais-tu ? ».

….

Avant de naître il était peut-être l'eau à la surface de l'océan ou le fleuve avant qu'il ne se transforme en vapeur. Le vent est là aussi, aidant l'eau à devenir un nuage. Le nuage ne vient pas de rien ; il n'y a eu qu'un changement de forme. Ce n'est pas une naissance à partir de rien.

Tôt ou tard le nuage va se transformer en pluie, en neige ou en glace. Si vous regardez profondément la pluie, vous verrez le nuage. Le nuage n'est pas perdu ; il s'est transformé en pluie. La pluie s'est transformée en herbe et l'herbe en vache, et le lait de la vache a produit la glace que vous mangez.
Si vous mangez une glace aujourd'hui, prenez le temps de regardez la glace et dites-lui : « Coucou, nuage ! Je te reconnais ». Cela vous aidera à comprendre la véritable nature de la glace et du nuage. Vous pouvez aussi voir l'océan, la rivière, la chaleur, le soleil, l'herbe et la vache dans la glace.

….

Le Bouddha a pris le temps de regarder les choses profondément et c'est aussi quelque chose qui est à notre portée. Le Bouddha n'est pas un Dieu ; il était un être humain comme nous. Il souffrait, mais en pratiquant il a pu dépasser sa souffrance. Sa compréhension, sa sagesse et sa compassion étaient profondes et c'est pourquoi nous le considérons comme notre maître et notre frère.

Si nous avons peur de la mort, c'est parce que nous n'avons pas compris que les choses ne meurent pas vraiment. Les gens disent que le Bouddha est mort, mais ce n'est pas vrai. Le Bouddha est toujours vivant. En regardant autour de nous, nous pouvons voir le Bouddha sous de nombreuses formes. Le Bouddha est en vous parce que vous avez pu regarder profondément et voir que les choses ne sont pas vraiment nées et qu'elles ne meurent pas. On peut dire que vous êtes une nouvelle forme de Bouddha, une continuation du Bouddha. Ne vous sous-estimez pas. Regardez autour de vous et vous verrez des continuations du Bouddha partout.

Suis je toujours celui que j'étais hier ?

J'ai une photo de moi à l'âge de seize ans. Est-ce une photo de moi ? Je n'en suis pas complètement sûr. Qui est ce garçon sur la photo ? Est-ce moi-même ou quelqu'un d'autre ? Regardez profondément avant de répondre.

Beaucoup de gens vous diront que le garçon sur la photo, c'est moi. Si ce garçon est moi, pourquoi est-il différent ? Ce garçon est-il toujours vivant ou est-il mort ? Il n'est pas le même que moi mais il n'est pas différent non plus. En regardant cette même photo, d'autres personnes vous diront que ce jeune homme n'existe plus.

Une personne est faite d'un corps, de sensations, de perceptions, de formations mentales et de conscience, et tous ces éléments ont changé en moi depuis le jour ou cette photo a été prise. Le corps du garçon sur la photo n'est pas le même que mon corps d'aujourd'hui , à plus de soixante-dix ans. Les sensations sont différentes et les perceptions sont très différentes. En fait, je semble totalement différents de ce garçon, mais si ce garçon sur la photo n'existait pas, je n'existerais pas non plus.

Je suis une continuation, tout comme la pluie est la continuation du nuage. Si vous regardez profondément la photo, vous pouvez déjà voir le vieil homme que je suis devenu. Il n'est pas nécessaire d'attendre cinquante-cinq ans. Quand le citronnier est en fleurs, vous ne pouvez peut être pas voir le fruit, mais si vous regardez profondément vous verrez que les fruits sont déjà là. Il ne manque qu'une condition pour que les citrons apparaissent : le temps. Les citrons sont déjà là dans le citronnier. Quand vous regrdez l'arbre, vous ne voyez que des branches, des feuilles et des fleurs. Mais si l'on donne du temps au citronnier, il s'exprimera en produisant des citrons.


jap_8
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