La conscience dans le bouddhisme

Compagnon

Re: La conscience dans le bouddhisme

Message non lu par Compagnon » dim. 24 juil. 2016 14:12

Extrait du livre : Le Dalaï Lama Parle de Jésus.

"La nature de la conscience , ou connaissance - shepa en tibétain - n'est pas du tout matérielle : elle n'a ni forme matérielle, ni substance, ni couleur.Elle n'est donc pas quantifiable en termes scientifiques et ne se prête pas à l'investigation scientifique courante.

Au lieu d'une nature matérielle, la conscience a la nature d'une "expérience pure et simple" ou "connaissance pure et simple".

Quand je dis "Je sais" ou "Je suis conscient", il semble qu'il y ait un agent, "Je", impliqué dans l'activité de savoir ou d'être conscient : mais ce que nous entendons par conscience est cette faculté dont dépend le fait que l'on sache ou que l'on soit conscient. En d'autres termes, c'est l'activité ou le processus du savoir en lui-même, et en tant que tel, il est "conscience pure et simple" ou "connaissance lumineuse".

Ordinairement, nous associions cette faculté à un objet extérieur ou à une sensation agréable ou désagréable. Ainsi, que nous pensions avec des concepts ou que nous ayons simplement une expérience sensorielle, la conscience en elle-même surgit avec la forme ou l'apparence d'un objet, et par conséquent, nous ne la reconnaissons pas, d'ordinaire, en tant que "conscience pure et simple" ou "connaissance claire et lumineuse".

En bref, dans la vie courante, la conscience se trouve prise dans les apparences dualistes de l'objet et du sujet.

En un sens, on pourrait dire que nous ne faisons l'expérience de la conscience que colorée par l'objet : la perception est presque inséparable de l'objet.

Nous savons que lorsque nous avons la perception d'un objet bleu, c'est presque comme si la perception elle-même était bleue.

Cependant, il est possible de faire l'expérience de cette nature essentielle de la conscience - cette pure luminosité, cette pure expérience , cette pure connaissance dont j'ai parlé - en essayant consciemment de vider l'esprit de ses divers schèmes, concepts, souvenirs et, surtout, de ses préoccupations d'ordre sensoriel.

Aussi, tout en maintenant une profonde vigilance, si l'on arrive à faire cesser ces turbulences dans l'esprit - les processus de la pensée conceptuelle et les schèmes qui nous poussent à rechercher les expériences sensorielles - on peut commencer à entrevoir le niveau plus profond.

Le fait d'être totalement déconnecté ne favorise pas le processus. Il faut garder une certaine vigilance tout en arrêtant progressivement les fluctuations de la pensée et des expériences sensorielles de l'esprit.

Il devient alors possible d'entrevoir cette nature essentielle.

Au début, quand vous en faites l'expérience pour la première fois, elle ne vous apparaît que comme un genre de vacuité. Mais il est possible, par la pratique, d'allonger cet instant. Lentement, en progressant dans la méditation, vous pouvez allonger la durée de l'expérience.

Alors, la nature essentielle de l'esprit, cette clarté, cette luminosité, deviendra de plus en plus apparente.

Voila comment il est possible de reconnaître la nature essentielle de la conscience par contraste avec la conscience ordinaire liée à la réalité physique."


jap_8
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