les émotions

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yves
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les émotions

Message non lu par yves » mer. 8 juin 2016 08:58

je cherche à comprendre quelle est la nature exacte des émotions

pourquoi elles nous saisissent plus fort qu'une simple pensée? invision-board-france-08-1--1a77

il est plus difficile de lâcher une émotion comme si elle perdure plus longtemps par une sorte d'autonomie... est-ce le temps dont le corps à besoin pour dissoudre les vecteurs de l'émotion (hormone, etc)? zeeeennnyyy

il est difficile de voir naître une émotion imprévu, est ce par ce que l'esprit est déjà "saisi" et donc la conscience est superficiel (ou peut-être trop occupé juggle-2cf7 ) ?

est ce qu'une sensation désagréable précède toujours une émotion négative? j'ai clairement établi ce lien à certain moment eveil_333 mais je ne saurai dire si c'est un lien naturel et automatique, ou s'il peut aussi arrivé que l'émotion négative précède le sensations? ;-)

est ce que lorsque l'on a dissous tous ses attachements il n'y a plus d'émotions? ou autrement, est ce que les attachements sont à l'origine de la naissance des émotions? love3

en connaissant mieux le processus j'espère être plus apte à l'observer jap_8
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Re: les émotions

Message non lu par Robi » mer. 8 juin 2016 09:26

yves a écrit :est ce que lorsque l'on a dissous tous ses attachements il n'y a plus d'émotions? ou autrement, est ce que les attachements sont à l'origine de la naissance des émotions? love3
Bonjour,
certainement lorsqu'on dissout tous les attachements il n'y a plus d'émotions. Mais est-ce une vie humaine, un état souhaitable?
Car en effet tous les attachements ne sont pas du même ordre: se détacher de la jalousie, de l'avarice, que sais-je encore bref de l'égoisme c'est ce qu'il faut mais doit-on aussi se détacher des autres, de la relation que nous avons avec les autres, car si on parle de tous les attachements il s'agit bien d'englober ceux là aussi. Et bien non ce n'est pas possible selon moi d'envisager ce détachement des autres (donc de tout), d'ailleurs n'Est-ce pas ce qui nous fonde? Le bouddhisme ne parle-t-il pas d'interdépendance donc aussi de dépendance vis à vis des autres. Couper cette dépendance, l'attachement aux autres, le relationnel, c'est pour moi mourir mais sans renaître à rien, bref pour moi ce n'est pas un état désirable, ce n'est pas une vie humaine.
Seulement il faut accepter ce qu'implique l'attachement, la relation aux autres, cela implique de l'émotion, des émotions mais c'est aussi toute la beauté de notre vie humaine.
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Re: les émotions

Message non lu par ted » mer. 8 juin 2016 12:00

Robi a écrit : certainement lorsqu'on dissout tous les attachements il n'y a plus d'émotions.
Tu dis une bêtise à mon avis. "ce n'est peut être pas une bonne formulation" cher Robi. (édité par ted)

Lorsque les attachements sont dissous, on ne s'identifie plus aux émotions qui apparaissent. Mais elles continuent d'apparaître.

Est-ce que le Sa Sainteté le Dalai-lama a l'air de ne plus avoir d'émotions ?
Est-ce que le Vénérable Ajahn Brahm a l'air de ne plus avoir d'émotions ?
Est-ce que Maître Thich Nhat Hanh a l'air de ne plus avoir d'émotions ?
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Re: les émotions

Message non lu par Compagnon » mer. 8 juin 2016 12:08

Question délicate pour laquelle il y a sans doute plusieurs réponses possibles , ne s'excluant pas forcément les unes les autres.
Pour faire simple (mais je détaillerais plus tard) voila ce que je dirais concernant la question de la nature des émotions :

- déjà il y a sans doute un coté "automatisme". Réflexe conditionné.
- ensuite elles sont le produit de conditions : nos souvenirs, un contexte présent, la mécanique chimique de notre corps. Les émotions sont donc quelque chose de composé. Des productions.
- ensuite il y a la question du regard que l'on porte sur ce qui nous arrive et donc la question de l'ego ou plutôt de "l'illusion" de l'ego.

Et de ce que j'en ai compris le Bouddhisme n'invite pas à se débarrassé des émotions mais a ne plus en être l'esclave, ce qui n'est pas la même chose. Se débarrasser de l'attachement aux émotions. D'ailleurs de ce que j'en ai compris au final l'état d'Eveil (et je parle au conditionnel faute de l'avoir moi même éprouvé) se traduirait par la subsistance d'une seul émotion et d'un seul désir : l'amour inconditionnel pour tous les êtres par compassion et le désir irrépressible de libéré tous les êtres de la souffrance et de ses causes. Donc il resterait bel et bien de l'émotion à la fin, mais la seule digne d'être conservée.

@Ted : il cherche à comprendre comme nous tous :) Attention quand on dit "tu dis une bêtise", de la prudence dans les mots :) On peut dire : "ce n'est peut être pas une bonne formulation" par exemple. J'ai connu un manager dans un boite autrefois et je me suis trompé parfois dans mon taf. Jamais il ne m'a dit que je m'étais trompé. Il venait me voir en me disant : voila, ici tu as fait les choses comme ça, je préférerais que tu les faces comme ça. Il n'avait pas besoin de me dire que je m'étais trompé je m'en rendais compte tout seul, mais il avait une façon respectueuse je trouve de régler le problème.
Dernière modification par Compagnon le mer. 8 juin 2016 13:49, modifié 3 fois.
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Re: les émotions

Message non lu par jules » mer. 8 juin 2016 12:14

Yves : pourquoi elles (les émotions) nous saisissent plus fort qu'une simple pensée?
Je crois que c'est parce que les émotions impliquent que la pensée soient accompagnée par une sensation corporelle plus ou moins intense (surtout au niveau du ventre et de la poitrine il me semble).
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Re: les émotions

Message non lu par ted » mer. 8 juin 2016 12:16

Compagnon a écrit : Et de ce que j'en ai compris le Bouddhisme n'invite pas à se débarrassé des émotions mais a ne plus en être l'esclave, ce qui n'est pas la même chose.
Oui. C'est important de ne pas laisser croire que le pratiquant devient un robot insensible. Ce genre d'affirmation pourrait détourner pas mal de monde de la pratique bouddhiste.
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Re: les émotions

Message non lu par Compagnon » mer. 8 juin 2016 13:03

Même catégorie d'erreur que la mauvaise traduction de Śūnyatā par "Vide" ce qui a conduit bien des erreurs de compréhension pendant très longtemps de la part des occidentaux concernant la Voie. Et d'ailleurs il y a encore des gens très mal informé qui continuent à s'y laisser prendre.

Petit rappel en passant, qui ne fait de mal à personne je pense (origine wikipédia) :

La vacuité est un terme qui peut être mal interprété. Ainsi, Ringou Tulkou Rimpotché en parle en ces termes :

« Selon le bouddhisme, tout est en essence vacuité (śūnyatā), tant le samsâra que le nirvāṇa. Śūnyatā ne signifie pas “vide”. C'est un mot très difficile à comprendre et à définir. C'est avec réserve que je le traduis par “vacuité”. La meilleure définition est, à mon avis, “interdépendance”, ce qui signifie que toute chose dépend des autres pour exister. [...] Tout est par nature interdépendant et donc vide d'existence propre. »


Pour en revenir au sujet , j'ai trouvé ceci, pris sur le site de l'UBF (autant laisser parler les experts) - si quelqu'un trouve la première partie... :

Voix Bouddhiste du 11 février 2007

Les émotions 2ème partie

Invité : Gueshé Lobsang Yéshé

V.B. : Avant d’aborder une autre classification des kleshas, Guéchélags, c’est-à-dire la classification en six passions racine, j’aimerais, si vous le voulez bien, préciser un peu ce que signifie le terme émotion au sens bouddhique du terme. Est-ce qu’il a la même connotation par rapport au terme émotion, tel que les Occidentaux le comprennent, car on a très souvent l’impression que ce n’est pas la même chose ?

Vénérable G.L.Y. : A mon avis, il y a une grande différence entre les émotions et ce que nous appelons, nous, les facteurs perturbateurs, même si, dans certains cas, on peut parler d’émotions perturbatrices, parce que toutes les émotions ne sont pas forcément des kleshas, des facteurs perturbateurs. Par exemple lorsque nous éprouvons un moment de foi intense ou de grande compassion, nous éprouvons alors des émotions, nous pouvons trembler, nous pouvons avoir toutes sortes d’expressions sur le plan physique. Il y a alors bel et bien émotion, mais il n’y a absolument pas alors intervention des kleshas, des facteurs perturbateurs. Inversement, en ce qui concerne les facteurs perturbateurs, souvent ils peuvent être présents, sans que pour autant il y ait une émotion manifeste.

V.B. : Il faut rejeter donc tous les facteurs perturbateurs. Est ce la même chose en ce qui concerne les émotions ou est ce que, finalement, il faut opérer un certain tri des émotions qui nous animent ?

Vénérable G.L.Y. : Il faudrait non seulement combattre les facteurs perturbateurs, mais l’idéal serait de les rejeter, alors qu’il n’y a aucune raison de vouloir rejeter toutes les émotions. Il peut nous arriver d’éprouver de grandes joies, de grands bonheurs, de grands contentements, tant mieux. Pourquoi vouloir les éliminer ? Ce n’est pas parce qu’il y a émotion que c’est forcément négatif. Ce qu’il faudrait rejeter, c’est ce qui nous est nuisible.

V.B. : A propos de la classification en six poisons racine, on retrouve les trois poisons dont on a parlé la semaine dernière. Est-ce qu’on peut prendre une autre passion aujourd’hui et la détailler, telle que le doute ?

Vénérable G.L.Y. : Les six facteurs perturbateurs de base sont : l’attachement, l’aversion, l’ignorance, mais également l’orgueil, le doute et les vues fausses. Prenons l’exemple du doute. Cela n’a l’air de rien, mais en réalité, cela nous est extrêmement préjudiciable, parce que, si nous conservons des doutes à propos, par exemple, de la possibilité que nous aurions de rejeter les facteurs perturbateurs, c’est à dire d’obtenir la libération, nous allons manquer d’énergie, et nous n’allons rien faire, en tous cas pas faire grand-chose pour rejeter les facteurs perturbateurs. Tant et si bien que nous n’arriverons pas à nous en débarrasser. De même tant que nous conservons des doutes sur la possibilité d’obtenir l’Eveil complet d’un Bouddha, nous manquons forcément d’enthousiasme, et, du coup, nous n’arrivons pas à faire appel à suffisamment d’énergie pour pratiquer correctement de manière à obtenir de tels résultats.

Donc le doute a l’air anodin, insignifiant, mais en réalité, tant que nous conservons des doutes sur les possibilités qui s’offrent pourtant à nous, forcément, nous n’arriverons pas à faire suffisamment d’efforts, tant et si bien que nous n’arriverons pas à obtenir des résultats. Donc on peut vraiment dire qu’un des facteurs principaux qui nous maintient dans le cycle des existences conditionnées est que nous n’arrivons pas à nous adonner à une pratique fructueuse pour obtenir la libération du samsara et encore moins pour obtenir l’Eveil complet d’un Bouddha. Sans aucun doute, c’est pour cela qu’on met le doute parmi les facteurs perturbateurs de base.


V.B. : Comment faire naître la foi, si on ne l’a pas spontanément, de manière à lutter contre ce doute ?

Vénérable G.L.Y. : Pour nous bouddhistes, ce serait d’étudier profondément les enseignements du Bouddha. Le but n’est pas du tout de développer la foi, sous la forme de la foi aveugle. Cela ne serait pas suffisamment convaincant, suffisamment stable. En fait, il faut, d’une part étudier et ensuite réfléchir. Il faut vérifier par soi-même pour obtenir une véritable compréhension personnelle. Donc les enseignements du Bouddha sont là pour nous proposer des indications, nous donner des arguments, mais ensuite c’est à nous de méditer, d’approfondir, et au fur et à mesure, il s’agirait de comprendre par nous-même, les liens entre les causes et les résultats, donc d’arriver à bien comprendre la loi de causalité, d’arriver également à bien comprendre ce qu’est la vacuité, c’est-à-dire l’absence de nature propre et, à partir de là, nous pourrions obtenir des certitudes à propos des points fondamentaux, de l’enthousiasme et de l’énergie.

V.B. : Quels sont les matériaux dont nous disposons pour cela, Guéshéla ?

Vénérable G.L.Y. : Les matériaux dont nous disposons, ce sont les enseignements du Bouddha lui-même, avec toutes les citations, tous les raisonnements qu’il a indiqués et puis également tous les commentaires proposés ensuite par les grands maîtres Indiens, à commencer par Najarguna ou Asanga, et au fond pour nous l’important, ce serait d’utiliser notre sagesse, pour essayer de réfléchir, de raisonner pour arriver à des compréhensions qui nous sont personnelles. C’est seulement comme cela que nous pourrions faire apparaître en nous des certitudes, qui vont ensuite fonder de l’enthousiasme pour la pratique.

V.B. : Autre aspect dont nous n’avons pas parler : l’orgueil. Je vous laisse expliquer.

Vénérable G.L.Y. : L’orgueil peut revêtir toutes sortes d’aspects. On peut être orgueilleux du fait de son rang social, de sa naissance, de ses richesses, de ses prétendues qualités etc.. Parfois on estime être supérieur aux autres, ou on s’imagine avoir des qualités que l’on n’a pas, mais dans tous les cas de figure, l’orgueil est très nuisible, car il empêche d’acquérir d’autres qualités. Une expression tibétaine dit qu’au sommet des montagnes trop élevées, l’herbe ne pousse pas. L’herbe ne peut pousser qu’au bas de la montagne. Et de la même manière, l’orgueil empêche les autres qualités de pousser. Elles ne peuvent fleurir que sur la base de l’humilité, donc de l’absence d’orgueil. Ce qui veut dire que quelqu’un qui est trop orgueilleux, non seulement se nuit à lui-même, puisqu’il ne peut pas développer la foi, la sagesse etc.., mais également ça l’empêche d’agir d’une manière vraiment bénéfique pour autrui. C’est pourquoi nous considérons que l’orgueil est vraiment un facteur perturbateur qu’il conviendrait de combattre, étant donné tous les effets négatifs qu’il a, et pour nous-mêmes et pour les autres.

V.B. : Comment combattre l’orgueil, Guéshéla ?

Vénérable G.L.Y. : Eh bien il faudrait réfléchir à tout ce que nous ignorons. Imaginons que nous nous sentions particulièrement fier de nous, sous prétexte que nous serions professeur. Essayons alors de vérifier les connaissances que nous avons du fait de notre secteur d’activités, en tant que professeur par rapport à out ce que nous ignorons totalement. Il est certain qu’en ce qui concerne la loi de causalité, il y a énormément de choses qui nous échappent. Mais même sur un plan très ordinaire, nous n’avons qu’à essayer de mieux cerner les composantes physiologiques. En fait, il y a toutes sortes de choses que nous ignorons totalement, et voilà qui pourrait rabattre notre orgueil.

V.B. : Il est important de comprendre peut-être pour les gens qui écoutent les émissions, qui peuvent paraître un peu complexes, Gueshéla, c’est que, d’une part on peut réellement faire tout un travail sur notre esprit du fait de l’impermanence, et d’autre part, c’est aussi possible car la nature profonde de notre esprit n’est pas entachée par ces émotions négatives, ces kleshas ?

Vénérable G.L.Y. : C’est vrai que ce sont des phénomènes qui se produisent, mais du fait de certaines circonstances, ils sont donc ponctuels, circonstanciels, et c’est bien pour cela qu’il est envisageable de les rejeter, et qu’il serait souhaitable d’ailleurs de les éliminer.

V.B. : En conclusion, Gueshéla, est ce que vous voulez dire quelque chose aux gens qui vous entendent aujourd’hui ?

Vénérable G.L.Y. : A mon avis, qui que nous soyons, bouddhiste ou pas bouddhiste, l’important est de devenir quelqu’un de bien. Quelqu’un de bien, c’est-à-dire quelqu’un qui ferait preuve d’honnêteté, de droiture et de respect pour autrui et également de compassion. En effet, nous-mêmes, nous souhaiterions être heureux et nous préférerions ne pas avoir à souffrir, mais c’est exactement la même chose en ce qui concerne les autres. Ils ont les mêmes besoins, ils ont les mêmes aspirations que nous. Et ce qui est légitime pour nous est aussi légitime pour les autres. Donc, à mon sens en fait, peu importent les étiquettes que nous pourrions nous coller. Ce qui est vraiment très important, je crois, est d’essayer de faire preuve toujours de bienveillance à l’égard d’autrui, d’avoir de la considération pour les autres également et par exemple dans le bouddhisme, on pense que vraiment, une qualité qui est fondamentale, c’est la compassion. Donc vraiment je crois que ce qui est important, c’est de faire ce genre de travail sur soi.

V.B. : Merci Vénérable.


Qui est l'invité ?


Le Vénérable Gueshe Losang Yeshe est né en 1965 au Tibet oriental, dans la région du Kham. Très tôt, il montre des dispositions qui le conduisent naturellement à entrer au monastère situé près de son village puis à prendre, à l’âge de 14 ans, les vœux de moine novice. A 16 ans, il quitte clandestinement sa province laissant derrière lui sa famille, ses amis et le pays de son enfance pour réaliser ses vœux les plus chers : être ordonné moine, voir Sa Sainteté le Dalaï-Lama et accomplir le cursus complet des études monastiques de l’école Guélougpa. Après un très long périple à travers le Tibet, il parvient en Inde où il intègre finalement le nouveau monastère de Ganden.

En Inde, il reçoit de Sa Sainteté le Dalaï-Lama l’ordination complète de moine, réalise ainsi deux de ses vœux les plus chers, et commence alors l’exigent et très long cursus des universités monastiques de la lignée Guélougpa.

A Ganden, dans le Sud de l’Inde, il étudie de manière approfondie les cinq grands textes classiques de la philosophie bouddhiste appartenant au domaine des Soutras auprès de grands maîtres de philosophie, tels que les vénérables Losang Tenpa Rinpotché et Lati Rinpotché. Il est instruit dans le domaine des Tantras par des maîtres éminents tels que les vénérables Lati Rinpotché, Losang Tène Dar Rinpotché et Losang Tène Pa Rinpotché et effectue toutes les retraites requises. Il reçoit, en outre, de nombreuses initiations, transmissions et instructions de maîtres incomparables tels que Sa Sainteté le Dalaï-Lama, Sa Sainteté le 101e Ganden Tripa Loungri Namgyel Rinpotché, les très vénérables Dzé Mè Rinpotché, Lati Rinpotché, Déma Lotcheu Rinpotché …

En 2002, à Bodh Gaya et au monastère de Ganden, il passe avec succès les examens de Gueshe Lharampa, le niveau ultime des études philosophiques chez les guélougpas. Depuis le mois de juin de la même année, appelé en France par Sa Sainteté Trisour Rimpoché Loungri Namgyel, le Vénérable Guéshé Losang Yeshé enseigne les Soutras et les Tantras, à l’association Thar Deu Ling.

Toujours très disponible, le Vénérable Gueshe Losang Yeshe accompagne les disciples dans leur pratique bouddhiste en les aidant de ses précieux conseils.
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Re: les émotions

Message non lu par ted » mer. 8 juin 2016 13:22

D'ailleurs, il est intéressant de constater comment une combinaison complexe d'émotions transforme les gens en robots.
Comment ils réagissent au quart de tour pour rejeter la réalité qui ne correspond pas à leurs attentes.
Et comment ils se meurtrissent, se blessent, et se lamentent en cas d'échec.
Toutes ces souffrances psychologiques sont dues à des émotions qui tentent de nous dicter leur loi.

Comme tu disais l'autre jour Compagnon, il faut savoir leur parler et leur dire merci : "Je sais que tu ne veux que mon bien, petite émotion, aspect de moi même, mais tu t'y prends mal. J'ai énormément de compassion pour toi".

Jusqu'à ce qu'on comprenne que ces émotions ne sont pas nous. Qu'elles ne nous appartiennent même pas ! Qu'elles sont des phénomènes conditionnés qui apparaissent et disparaissent. Un flux.
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Re: les émotions

Message non lu par Compagnon » mer. 8 juin 2016 13:28

@Ted : faut pas prendre l'habitude de me citer, je vais finir par prendre la grosse tête ! :oops:

En plus ce que je dis là est le fruit d'une technique de PNL apprise en formation matinée d'enseignement bouddhiste zen propre à Thích Nhất Hạnh. Donc le mérite en revient à d'autres. jap_8
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Re: les émotions

Message non lu par yves » mer. 8 juin 2016 13:33

Robi a écrit :certainement lorsqu'on dissout tous les attachements il n'y a plus d'émotions.
en es-tu sur ou penses-tu simplement que c'est comme ça? si je veux pouvoir me fier à ta réponse j'ai besoin de savoir si c'est le fruit d'une expérience ou une déduction mentale ?? loveeeee
ted a écrit :Est-ce que le Sa Sainteté le Dalai-lama a l'air de ne plus avoir d'émotions ?
Est-ce que le Vénérable Ajahn Brahm a l'air de ne plus avoir d'émotions ?
Est-ce que Maître Thich Nhat Hanh a l'air de ne plus avoir d'émotions ?


il semble effectivement mais je ne sais exactement la nature de ce qu'ils perçoivent et s'il le décrirai eux-même comme "émotions" :?: en fait je suis à la recherche de ce qui est pas de ce qui semble être color_3
Compagnon a écrit :- déjà il y a sans doute un coté "automatisme". Réflexe conditionné.
- ensuite elles sont le produit de conditions : nos souvenirs, un contexte présent, la mécanique chimique de notre corps. Les émotions sont donc quelque chose de composé. Des productions.
- ensuite il y a la question du regard que l'on porte sur ce qui nous arrive et donc la question de l'ego ou plutôt de "l'illusion" de l'ego.
il me semble que c'est une bonne base, d'ou mes question très précises ba11
Compagnon a écrit :Et de ce que j'en ai compris le Bouddhisme n'invite pas à se débarrassé des émotions mais a ne plus en être l'esclave, ce qui n'est pas la même chose. Se débarrasser de l'attachement aux émotions. D'ailleurs de ce que j'en ai compris au final l'était d'Eveil (et je parle au conditionnel faut de l'avoir moi même éprouvé) se traduirait par la subsistance d'une seul émotion et d'un seul désir : l'amour inconditionnel pour tous les êtres par compassion et le désir irrépressible de libéré tous les êtres de la souffrance et de ses causes. Donc il resterait bel et bien de l'émotion à la fin, mais la seule digne d'être conservée.
je parle bien de dissolution des attachements car, de toutes façons, chercher à se débarrasser de quoi que ce soit est un attachement redflower

ce que tu décris qui resterai comme émotion ne me parait pas évident: faisant l'expérience de l'unité, l’éveillé connait toutes les souffrances comme sienne, la bienveillante compassion émerge naturellement comme si tout devait être en équilibre et que l'un appelle l'autre. love3

les émotions sont dépendantes d'autres facteurs (surtout les négatives mais parfois aussi les positives), en fait le terme "émotion" me parait revêtir plusieurs sens et me semble un peu "fourre tout" ??? :???:
jules a écrit :Je crois que c'est parce que les émotions impliquent que la pensée soient accompagnée par une sensation corporelle plus ou moins intense (surtout au niveau du ventre et de la poitrine il me semble).
donc les émotions seraient des pensées accompagnées de sensations? c'est une bonne piste jap_8



merci à tous de m'aider à répondre à ces questions love_3
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Re: les émotions

Message non lu par yves » mer. 8 juin 2016 13:48

Il peut nous arriver d’éprouver de grandes joies, de grands bonheurs, de grands contentements, tant mieux. Pourquoi vouloir les éliminer ? Ce n’est pas parce qu’il y a émotion que c’est forcément négatif.
en fait toutes les questions que je pose au début de ce fil partent de ce constat, je suis à la recherche d'une description "intérieur" très détaillé pour m'aider à comprendre ce qui se passe sweatdrop-1--1b9

les émotions sont quoi exactement? chacune est lié à des schèmes mentaux spécifiques: la peur au désir de fuir la souffrance, colère au désir de justesse, etc etc
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Re: les émotions

Message non lu par Compagnon » mer. 8 juin 2016 13:58

Les émotions sont des productions de l'esprit je dirais... à l'appui le texte ci-dessous

Tiré de "Chemins Spirituels", petite anthologie des plus beaux textes tibétains (Matthieu Ricard) :

Dilgo Khyentsé Rinpoché :

La fonction des différentes consciences sensorielles est simplement de percevoir des objets spécifiques : formes, sons, odeurs, goûts, etc...sans rien y ajouter.

L'esprit en revanche, élabore toutes sortes de concepts à partir de ces perceptions. Ce ne sont donc ni les formes extérieures, ni l’œil, ni la conscience visuelle qui sont à l'origine des fabrications mentales et du karma qui les accompagne, mais l'esprit.

Ce que l'on perçoit n'est en soi ni beau ni laid. Laideur et beauté ne sont que des projections mentales. Aucun être ou objet ne possède par lui même la faculté de nous rendre joyeux ou triste. C'est ainsi qu'une même personne peut plaire à certains et déplaire à d'autres. A nouveau, c'est l'esprit, et lui seul, qui en est la cause.
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Re: les émotions

Message non lu par yves » mer. 8 juin 2016 15:19

Ce que l'on perçoit n'est en soi ni beau ni laid. Laideur et beauté ne sont que des projections mentales. Aucun être ou objet ne possède par lui même la faculté de nous rendre joyeux ou triste. C'est ainsi qu'une même personne peut plaire à certains et déplaire à d'autres. A nouveau, c'est l'esprit, et lui seul, qui en est la cause.
si l'on prend cette définition, cela revient à dire que les émotions sont les reflets de nos attachements et qu'après l'éveil on est vide d'émotion... je ne sais pas :???:

si émotion = attachement c'est un moyen très puissant pour comprendre le mental ;-)
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Re: les émotions

Message non lu par Compagnon » mer. 8 juin 2016 15:57

Si tu troque l'attachement à une personne sous la forme de l'amour vis à vis d'une personne contre l'équanimité dans l'amour, à savoir le fait de considérer toute personne avec un amour égal sans favoritisme cela n'est pas l'absence d'émotion. C'est passer de l'amour à l'Amour. De l'amour conditionnel : c'est ma compagne, mon compagnon, ma famille, mes amis, donc je les aimes forcément plus que n'importe qui d'autre, à l'Amour inconditionnel : nous sommes tous des êtres vivants égaux dans le droit d'être objet d'une même compassion car nous sommes tous égaux dans la souffrance. Comme le disait le Bouddha Shakyamuni quand il voulait contesté le système des castes (disons plutôt les motifs du système des castes) : nous avons tous les larmes salées et le sang rouge. Je me souvient d'une vidéo ou le Moine Matthieu Ricard explique que même un homme comme Adolf Hitler mérite notre compassion. Non pas pour justifier ou excuser ses actes mais il mérite la compassion car il a fait souffrir tant de gens qu'il ne peut qu'avoir accumulé un karma négatif effroyable qu'il mettra terriblement longtemps à payer sur de nombreuses vies. Et on ne peut qu'être en proie à une profonde compassion devant cet avenir qui l'attend. Quand on en prend la mesure entière.

Par "attachement" il faut entendre aussi la croyance erronée en la permanence de certaines choses. Ainsi si tu vis en couple et que tu es très attaché à ta compagne ou ton compagnon, tu as le désir secret que cette attachement, cet amour qui en ce moment est une sensation agréable : primo demeure toujours une sensation agréable, secondo demeure éternellement.
Hors la nature de ta relation a ta compagne ou ton compagnon est dépendante d'un certain nombre de facteurs que tu ne maîtrise pas, qui sait si dans 6 mois, 1 an, 5 ans, ce sera toujours le même amour ? Qui sait si, pour X ou Y raison il n'aura pas fait place à la haine ? Qui sait si ta compagne ou ton compagnon sera toujours là, vivant ?

Plus tu es attaché à quelque chose de précis intensément avec l'illusion que ce quelque chose ne viendra jamais à te manquer, plus tu te condamnes inévitablement à dukkha. Car tout change. C'est inévitable. Donc plus tu places un attachement spécifique en quelque chose (la richesse par exemple) ou quelqu'un en particulier (ta compagne ou ton compagnon) plus tu souffriras le jour ou tu le perdras inévitablement. C'est aussi pour cela que les gens ont terriblement peur de la mort. Outre le fait qu'ils considèrent la mort comme quelque chose de définitif, une fin, ils vivent aussi dans un profond attachement à leur corps et à leur personnalité car ils ont l'illusion, l'espoir naïf que leur corps ne vieillira jamais et que leur personnalité est éternelle. D'ou le choc très rude devant la vieillesse et la fin de leur existence actuelle. C'est du à un attachement qui est en contradiction avec la réalité de la vie.

Mais a partir du moment ou tu considères avec équanimité tous les êtres vivants, tu n'es plus attaché à aucun en particulier. Tu considères tous les êtres vivant avec un amour et une compassion égale, toi y compris. Je pense que le Bouddha même après son Eveil, ne fut pas ravi face à la trahison, aux calomnies, au tentatives d’assassinat etc... cela devait le désolé. Mais il ne se morfondit pas. Il se consacra a tous ceux qui avaient besoin de lui sans s'attacher outre mesure à ceux qui lui voulaient du mal ou à lui même.

Des études scientfiques récentes sérieuses ont révélé chez des pratiquant de longue date de certaines formes de méditation bouddhiste un développement de certaines zones du cerveau : d'un coté le pratiquant voit sa sensibilité émotionnelle à la souffrance d'autrui et à la sienne propre augmenter (ce qui peut paraître un mal) mais en même temps la zone chargée de l'endurance, face à cette souffrance s’accroît aussi. Dans des proportions égale. Compassion ET sérénité. En équilibre.

Je n'arrive pas à bien expliquer ce que j'entends...

Si tu veux profite des émotions positives ici et maintenant mais sans t'y attacher ni les retenir, et accepte les émotions négative ici et maintenant sans chercher à les fuir. Aucune ne dure.
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yves
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Re: les émotions

Message non lu par yves » mer. 8 juin 2016 17:15

Compagnon a écrit :Si tu veux profite des émotions positives ici et maintenant mais sans t'y attacher ni les retenir, et accepte les émotions négative ici et maintenant sans chercher à les fuir. Aucune ne dure.
mon propos n'est pas de rejeter les émotions, juste de comprendre clairement de quoi il s'agit et qu'elle est leur nature loveeeee

pour ce qui est de la gestion des émotions il y a beaucoup à dire et on peut ouvrir un autre fil si tu veux? redflower

j'aimerai beaucoup que ce fil reste sur la nature des émotions svp jap_8

on a des sutta qui décrivent les pensées: " un son frappe l'oreille, le contacte avec la conscience sensorielle engendre le désirs etc etc... ", mais je n'en connais pas qui explique les émotions, les émotions ne sont-elles qu'un enchevêtrement de pensées?? :???:
oui à ce qui est
tout change
tout est maintenant
être tout
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