Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

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ted
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par ted » ven. 23 mai 2014 17:47

Jean a écrit :Il y a un équilibre à trouver entre la pratique du renoncement volontaire et la pratique de la méditation pour son aspect purificateur, simplificateur.
Je ne suis pas un renonçant :oops: mais, faut-il parler "d'équilibre" entre "renoncement volontaire"et "aspect purificateur" ?
Ce ne sont pas plutôt les gens qui s'arrêtent en chemin ?
La voie bouddhiste pure et dure, c'est bien celle du renoncement, non ?
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Jean » ven. 23 mai 2014 18:41

Je crois que même Milarépa a utilisé le renoncement, la purification par les tantras et la purification par la pratique du Mahamoudra pour renoncer et/ou laisser tomber ses attachements.

Tant que l'on pratique la méditation, on avance sur le chemin. Laisser Tomber est un effet KissCool de la méditation. laisser Tomber est parfois un renoncement inconscient. On peut s'apercevoir avec le recul qu'on a laissé tomber certains attachements sans même s'en apercevoir.

Et c'est un processus naturel que la méditation peut soutenir ou accélérer : Avec l'age les attachements que l'on avait quand on avait 18 ans ont disparu peu à peu. Il n'y a pas eu de renoncements volontaires ou douloureux pour chacun d'entre eux.

Si on expérimente grâce à méditation des états de paix, d'harmonie, la question "Mais qu'est-ce qui m'empoisonne la vie?" surgit naturellement et ensuite c'est un choix : maintenir son attachement et en souffrir ou le laisser tomber et expérimenter, la paix, la plénitude même hors coussin de méditation.

Je me méfie du renoncement, (c'est peut-être dû aussi à la signification que je donne au mot), je méfie de la liste à suivre dans l'ordre indiqué des choses aux quelles il faut renoncer, certaines personnes voulant être de grands renonçants, champions du monde, sont tombés dans le panneau "Qui veut faire l'ange, fait le démon".

On pourrait dire qu'un bon renoncement est quelque chose qui rend profondément heureux. S'il n'y a pas cet aspect de joie, d'épanouissement, de plénitude peut être c'est le signe que ce renoncement est prématuré, que le corps ou le coeur ne suivent pas encore la tête.

Et il y a cette phrase de Shunryu Susuki : "Le mauvais cheval peut être le bon cheval" et je crois aussi qu'il disait que la mauvaise herbe pouvait constituer un excellent compost.

On peut voir Zazen comme étant un silo à compostage. On s'asseoit et on laisse le compostage intérieur s'effectuer. :D

C'est vrai que le renoncement est une caractéristique de la voie Bouddhiste pure et dure, mais la voie Bouddhiste est aussi une voie intelligente et adaptable à la situation de chacun. Sinon, pour être honnête, il devrait y avoir au début de tout texte Bouddhiste, l'avertissement "Si vous n'êtes pas capable de partir dans une caverne dans les Himalaya ou dans une hutte dans la jungle, passez votre chemin". :D
Retraité, entre 2 parties de pétanque, quand j'écris sur Nangpa, je suis assis à la terrasse du Café du Commerce, en short, en tongs et je me permets de discutailler Dharma, sans en avoir l'autorisation, ni les capacités.
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par ted » ven. 23 mai 2014 19:15

Jean a écrit :C'est vrai que le renoncement est une caractéristique de la voie Bouddhiste pure et dure, mais la voie Bouddhiste est aussi une voie intelligente et adaptable à la situation de chacun. Sinon, pour être honnête, il devrait y avoir au début de tout texte Bouddhiste, l'avertissement "Si vous n'êtes pas capable de partir dans une caverne dans les Himalaya ou dans une hutte dans la jungle, passez votre chemin". :D
On pourrait rajouter aussi :
  • "Si vous n'êtes pas non plus capable de vivre tout seul dans un petit studio d'une grande ville,
    • tout seul en banlieue dans un petit pavillon,
      tout seul célibataire ou divorcé,
      tout seul sans vos enfants,
      tout seul avec un boulot, mais pas d'amis,
      tout seul avec vos complexes qui font fuir les autres,
      tout seul avec votre addiction à la drogue ou à l'alcool,
      tout seul avec vos fins de mois difficiles,
      tout seul avec votre physique ingrat,
      tout seul avec le poids des ans qui a blanchi vos cheveux,
      tout seul dans votre cellule de prison,
      tout seul dans la foule ou en famille, mais tellement seul,
    passez votre chemin".
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par ted » mer. 4 juin 2014 11:50

Faut reconnaître que les gens qui se tournent vers le bouddhisme ont, en général, beaucoup morflé ! :-(
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par yudo » mer. 4 juin 2014 19:25

Jean a écrit :Je crois que même Milarépa a utilisé le renoncement, la purification par les tantras et la purification par la pratique du Mahamoudra pour renoncer et/ou laisser tomber ses attachements.(...)
Je me méfie du renoncement, (c'est peut-être dû aussi à la signification que je donne au mot), je méfie de la liste à suivre dans l'ordre indiqué des choses aux quelles il faut renoncer, certaines personnes voulant être de grands renonçants, champions du monde, sont tombés dans le panneau "Qui veut faire l'ange, fait le démon".
Je pense parfois que le renoncement, c'est un peu comme de décider de ne manger que des fruits et légumes de saison. Quand ils ne sont pas de saison, on s'en passe, sans même avoir besoin (quoique peut-être au début) de tenir en considération le bilan carbone des fruits et légumes venant de loin, ou leur (manque de) saveur, ni même leur valeur nutritive douteuse.

Pour moi, le renoncement, c'est beaucoup prendre ce qui vient, et ne pas en faire une montagne quand je n'en ai plus ou pas.
La responsabilité des élèves est d'empêcher le maître de se "prendre pour un maître".
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