Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Zopa
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Zopa » jeu. 22 mai 2014 23:51

Tiens, ça me fait penser à cette phrase dont j'ai oublié l'auteur : "Deviens ce que tu es !"
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par lausm » ven. 23 mai 2014 07:08

Robi a écrit :
Zopa a écrit :Oui je connais bien sûr si je suis homme ou femme, bouddhiste ou pas, etc... Mais je ne suis pas sûr de m'avoir déjà trouvé ! J'ai l'impression que je suis un être en devenir, un être en construction constante, mes certitudes d'hier disparaissent devant les doutes d'aujourd'hui, mes doutes d'hier devant mes expériences d'aujourd'hui, j'ai l'impression que je dois me réinventer chaque jour si je veux me sentir vivant...
Ben on pourrait dire, malgré ce que dit lausm, que c'est cela être soi-même: un être en devenir
Pourquoi «malgré»? Je suis complètement d'accord avec Zopa, qui rejoint ce que je sens.
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Robi » ven. 23 mai 2014 07:14

lausm a écrit :
Robi a écrit :
Zopa a écrit :Oui je connais bien sûr si je suis homme ou femme, bouddhiste ou pas, etc... Mais je ne suis pas sûr de m'avoir déjà trouvé ! J'ai l'impression que je suis un être en devenir, un être en construction constante, mes certitudes d'hier disparaissent devant les doutes d'aujourd'hui, mes doutes d'hier devant mes expériences d'aujourd'hui, j'ai l'impression que je dois me réinventer chaque jour si je veux me sentir vivant...
Ben on pourrait dire, malgré ce que dit lausm, que c'est cela être soi-même: un être en devenir
Pourquoi «malgré»? Je suis complètement d'accord avec Zopa, qui rejoint ce que je sens.
"Malgré" parce que tu as dit que la réponse sur ce qu'est "être soi-même" est différente pour chacun.
Jean
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Jean » ven. 23 mai 2014 07:42

Un peu de poésie à 2 balles. Je ne recule devant rien. :D

On peut interpréter "être soi-même" comme étant ouvert, connecté à sa nature profonde et à son ego, dans sa propre histoire . Cela se manifeste différemment suivant les personnes, comme les fleurs écloses avec leurs couleurs, formes, tailles, besoins nutritionnels, dates d'éclosion variées. Être soi même c'est être totalement, complétement soi-même : Cela inclut la nature profonde et la nature superficielle. Les deux natures sont intégrées. Etre connecté qu'à une seule de ses natures est comme une castration.

Si on observe des enseignants théoriquement réalisés, d'une même tradition ou lignée. Ils ont chacun leur personnalité, leur style différent, même s'ils sont moines, saddhous ou yogis. Chacun est complétement lui-même.

Etre connecté qu'à son ego, cela donne du n'importe quoi, être connecté qu'à sa nature profonde se traduit par un comportement stéréotypé. Le comportement stéréotypé pouvant aussi être un masque de l'ego.
Retraité, entre 2 parties de pétanque, quand j'écris sur Nangpa, je suis assis à la terrasse du Café du Commerce, en short, en tongs et je me permets de discutailler Dharma, sans en avoir l'autorisation, ni les capacités.
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Robi » ven. 23 mai 2014 08:04

Jean a écrit :On peut interpréter "être soi-même" comme étant ouvert, connecté à sa nature profonde et à son ego, dans sa propre histoire . Cela se manifeste différemment suivant les personnes, comme les fleurs écloses avec leurs couleurs, formes, tailles, besoins nutritionnels, dates d'éclosion variées.
Je suis plutôt d'accord avec cette définition même si dans ma tradition je n'emploierai pas les mots "nature profonde".
On voit donc que si cela se manifeste différemment pour chacun, la définition est la même pour tous: être connecté à sa singularité (son histoire, etc) et une vérité ("nature profonde" pour toi, Dieu pour moi) qui permet au mieux l'épanouissement de cette singularité.
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Zopa » ven. 23 mai 2014 08:27

Je suis aussi d'accord avec ce que viennent de dire joliment Jean et Robi, mais lorsque Jean parle de la connexion avec nos deux natures (profonde et superficielle, - on pourrait dire aussi ultime et conventionnelle) et du risque de "castration" si l'on se coupe de l'une d'elle, je me demande dans quelle mesure cela peut s'appliquer par rapport à notre nature superficielle qui est un mélange de choses parfois contradictoires.
Robi

Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Robi » ven. 23 mai 2014 08:35

Zopa a écrit :Je suis aussi d'accord avec ce que viennent de dire joliment Jean et Robi, mais lorsque Jean parle de la connexion avec nos deux natures (profonde et superficielle, - on pourrait dire aussi ultime et conventionnelle) et du risque de "castration" si l'on se coupe de l'une d'elle, je me demande dans quelle mesure cela peut s'appliquer par rapport à notre nature superficielle qui est un mélange de choses parfois contradictoires.
A mon avis, la connection à la nature profonde (Dieu pour moi) doit éclairer à faire le tri (des contradictions) de sa nature superficielle (la personne pour moi).
Et c'est pour cela que les religions existent il me semble, elles permettent la connection à sa nature profonde (ou la vérité) par les textes, la méditation et/ou la prière. (La philosophie, la psychologie sont aussi pour certains un moyen non négligeable d'avoir une vérité qui les éclaire)
Dernière modification par Robi le ven. 23 mai 2014 08:43, modifié 1 fois.
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par lausm » ven. 23 mai 2014 08:43

Quand j'exprime que c'est différent pour chacun, cela n'exclue pas ce truc qui sous-tend ces expressions diverses de la vie, que certains appellent Dieu, d'autres nature de Bouddha, d'autres Soi, d'autres autrement, et il me semble que nous parvenions à ce point d'equilibre où nous sommes d'accord sur le fond au-delà de différences formelles. Me semble-y- pour mon grand plaisir.
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Zopa » ven. 23 mai 2014 08:58

Lausm, alors merci pour ce point d'équilibre que nous tu fais atteindre au -delà de nos différences, pour notre plus grand plaisir à tous.

pour rebondir sur les paroles de Robi,
si faire le tri, c'est garder certaines caractéristiques de notre nature superficielle et se débarrasser de certaines autres, l'opération implique évidemment de faire des choix. Même si ces choix sont nourris par la connexion avec notre nature profonde ( ou ce que nous avons pu ressentir d'elle au travers de nos méditations), notre nature superficielle pourra se sentir allégée dans bien des cas mais pourra aussi parfois se ressentir comme amputée ou castrée pour reprendre le terme de Jean.
Savoir ce qui est bien ou mal pour soi n'est pas toujours si clair, je trouve.
On peut bien sûr suivre les enseignements, sans se poser trop de questions, mais cette façon de faire n'est pas épanouissante. ça ne marche pas au bout du compte. Elle n'est d'ailleurs pas du tout recommandée par le Bouddha. Il faut donc vraiment voir en soi-même, pour chercher ce qui est bien ou mal pour soi et pour les autres si l'on veut aussi. Et je le répète, je ressens que cela n'est pas toujours bien clair pour moi. Peut être que je ne médite pas assez...
Dernière modification par Zopa le ven. 23 mai 2014 09:17, modifié 2 fois.
Robi

Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Robi » ven. 23 mai 2014 09:12

Zopa a écrit :pour rebondir sur les paroles de Robi,
si faire le tri, c'est garder certaines caractéristiques de notre nature superficielle et se débarrasser de certaines autres, l'opération implique évidemment de faire des choix. Même si ces choix sont nourris par la connexion avec notre nature profonde ( ou ce que nous avons pu ressentir d'elle au travers de nos méditations), notre nature superficielle pourra se sentir allégée dans bien des cas mais pourra aussi parfois se ressentir comme amputée ou castrée pour reprendre le terme de Jean. Savoir ce qui est bien ou mal pour soi n'est pas toujours si clair, je trouve.
Hm, hm...
Jean a dit que frustration ou "castration" il y avait dans la situation où il n'y a pas d'équilibre, la situation où l'on ne se fie qu'à une seule des deux natures (pour garder ce terme): se mépriser soi-même pour laisser toute la place à la nature profonde par exemple.
Sinon c'est vrai que la nature profonde (la vérité) est exigeante au regard des désirs (la soif) de la nature superficielle (qui veut tout: être le meilleur, le plus beau, le plus puissant, le plus riche, le plus vertueux, le plus intelligent, le plus talentueux, etc etc). Cela peut sembler une frustration à tous ces désirs dont on doit faire le tri et garder ceux qui sont raisonnablement satisfaisants. Mais justement raisonnablement ou par foi ou par confiance, il apparait bien que les désirs dont il vaut mieux se défaire -en vue de son épanouissement vrai- sont effectivement un obstacle.
Est-ce que me fait bien comprendre? ;-)
Zopa
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Zopa » ven. 23 mai 2014 09:25

Robi a écrit :
Zopa a écrit :pour rebondir sur les paroles de Robi,
si faire le tri, c'est garder certaines caractéristiques de notre nature superficielle et se débarrasser de certaines autres, l'opération implique évidemment de faire des choix. Même si ces choix sont nourris par la connexion avec notre nature profonde ( ou ce que nous avons pu ressentir d'elle au travers de nos méditations), notre nature superficielle pourra se sentir allégée dans bien des cas mais pourra aussi parfois se ressentir comme amputée ou castrée pour reprendre le terme de Jean. Savoir ce qui est bien ou mal pour soi n'est pas toujours si clair, je trouve.
Hm, hm...
Jean a dit que frustration ou "castration" il y avait dans la situation où il n'y a pas d'équilibre, la situation où l'on ne se fie qu'à une seule des deux natures (pour garder ce terme): se mépriser soi-même pour laisser toute la place à la nature profonde par exemple.
Sinon c'est vrai que la nature profonde (la vérité) est exigeante au regard des désirs (la soif) de la nature superficielle (qui veut tout: être le meilleur, le plus beau, le plus puissant, le plus riche, le plus vertueux, le plus intelligent, le plus talentueux, etc etc). Cela peut sembler une frustration à tous ces désirs dont on doit faire le tri et garder ceux qui sont raisonnablement satisfaisants. Mais justement raisonnablement ou par foi ou par confiance, il apparait bien que les désirs dont il vaut mieux se défaire -en vue de son épanouissement vrai- sont effectivement un obstacle.
Est-ce que me fait bien comprendre? ;-)
Oui je comprends bien ce que tu veux dire. ;-)
Ça me rappelle le sujet que j'avais proposé il y a quelques temps sur : "le rôle du désir dans la quête spirituelle ?"
lausm
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par lausm » ven. 23 mai 2014 09:40

Il me semble que vouloir supprimer les désirs marche moins et que ce qui marche mieux, c'est de satisfaire le désir d'epanouir sa nature profonde. Il me semble qu'alors, ce qui rejoint ce que disait Robi, le tri se fasse tout seul.
la semaine passée, j'ai fait zazen avec notre minigroupe. Je n'avais plus envie de rien, mais me sentais bien, sans manque. je n'avais a renoncer à rien, ça se fait tout seul sans souffrance.
Sho Butsu Ichi Nyo : le Bouddha et les êtres sensibles sont uns.
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Zopa » ven. 23 mai 2014 10:07

lausm a écrit :Il me semble que vouloir supprimer les désirs marche moins et que ce qui marche mieux, c'est de satisfaire le désir d'epanouir sa nature profonde. Il me semble qu'alors, ce qui rejoint ce que disait Robi, le tri se fasse tout seul.
la semaine passée, j'ai fait zazen avec notre minigroupe. Je n'avais plus envie de rien, mais me sentais bien, sans manque. je n'avais a renoncer à rien, ça se fait tout seul sans souffrance.
Je comprends cette expérience. J'ai déjà ressenti ce contentement tranquille : ne plus avoir envie de rien, tout en se sentant bien, sans avoir à renoncer à quelque chose, et cela semble se passer de manière naturelle pendant la méditation.

En dehors de la méditation,lorsque j'observe mon esprit au quotidien, il me semble que je n'ai pas beaucoup de désirs en fait. Par exemple, je vis de manière simple, n'ai jamais été trop attaché aux choses matérielles, je n'ai pas de désir particulier pour la reconnaissance sociale, encore moins la célébrité. Et je m'en fiche d'avoir raison ou pas aux yeux des autres. Mes relations avec les autres sont simples et détendues dans l'ensemble.

Mais -sans plaisanter- j'ai tellement peu de désirs que je me demande si j'en ai encore assez !
Robi

Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Robi » ven. 23 mai 2014 10:12

Zopa a écrit :Mais -sans plaisanter- j'ai tellement peu de désir que je demande si j'en est assez !
:lol: Il faut allumer le feu ou avoir envie d'avoir envie...
Jean
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Re: Les difficultés dans la pratique du bouddhisme

Message non lu par Jean » ven. 23 mai 2014 10:14

Extrait des "Voeux du mahamoudra" du III eme Karmapa

"La base de purification est l'esprit, union de la vacuité et de la clarté,
Mahamoudra, la pratique du diamant, est le purificateur
Les purifiés sont les confusions et les souillures sans existence inhérente.
Puissè-je réaliser le Dharmakaya, le fruits d'être purifié"

On pourrait remplacer Mahamoudra par Zazen ou Rigpa, ou la Nature de Bouddha ou l'Esprit le plus Subtil, etc

Il y a un aspect purification pour se connecter à l'esprit dans sa nudité, mais il y a a aussi un aspect purification, simplification, lacher prise, "laisser tomber" harmonisation qui est induit, provoqué par l'expérience de l'esprit dans sa nudité ou de sa nature de Bouddha.

Quelques fois un renoncement volontaire peut provoquer un déséquilibre, tandis que le "laisser tomber" provoqué par l'expérience intérieure profonde sera quelque chose qui harmonisera la personne aussi bien au niveau de la relation des différentes composantes de son ego qu'au niveau de la relation entre sa nature ultime et sa nature conventionnelle jusqu'à ce que l'ego devienne une franchise de la nature de Bouddha. :D Un mauvais ego est un ensemble d'attitudes fermées, un bon ego est un ensemble d'attitudes ouvertes.

On laisse tomber quand on s’aperçoit que ce qu'on laisse tomber n'est pas indispensable, encombre et ne fait que compliquer la vie. La volonté n'est pas utilisée. Mais pour cela là confiance dans l'aspect purificateur, guérisseur de la nature de Bouddha et la confiance dans la pratique de la méditation qui permet de la révéler ou de s'y connecter est une condition indispensable. C'est une Prise de Refuge : Je prends refuge dans la pratique, je prends refuge dans ma nature de Bouddha. Ce peut être une prise du Refuge par la foi, par la confiance ou qui est le résultat d'un raisonnement ou d'une intuition ou d'une expérience. On peut être dans la plus grande confusion mais on sait que si on pratique la méditation que l'on a choisie. Premièrement, on ne se trompe pas et que, deuxièmement, par la pratique les choses vont s'améliorer tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, peut être même d'une manière inconcevable étant donné la situation ou l'on est.

Il y a un équilibre à trouver entre la pratique du renoncement volontaire et la pratique de la méditation pour son aspect purificateur, simplificateur.

Il y a une phrase de Ramakrishna :

"Le vent de la grâce Divine souffle incessamment, les hardis marins hissent haut les voiles"

Pour un Bouddhiste la phrase serait :

"La dynamique de la Nature de Bouddha est incessante, les hardis yogis s’assoient en méditation pour s'y ouvrir complétement"
Retraité, entre 2 parties de pétanque, quand j'écris sur Nangpa, je suis assis à la terrasse du Café du Commerce, en short, en tongs et je me permets de discutailler Dharma, sans en avoir l'autorisation, ni les capacités.
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